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alex beaupain loinDernier-né de la génération «nouvelle chanson française» du tournant des années 2000, une appellation qui a fait long feu après la sortie de son premier album Garçon d’honneur (2005), Alex Beaupain s’est, depuis, mesuré avec les grands aînés dans un registre très classique, voire épuré.
S’il commence par dérouler le fil rouge d’un album sur l’absence et l’éloignement, de fort belle manière sur les titres à tempo rapide que sont Loin et Couper les virages, le musicien laisse après Van Gogh – dans lequel intervient la voix de Maurice Pialat – laisse d’autres compositeurs prendre le relais, afin de ne pas tomber dans la routine. Accompagnateurs fidèles, la violoncelliste Valentine Duteil et le guitariste Victor Paimblanc signent chacun une musique sur ses propres mots.
Julien Clerc lui offre deux chansons reconnaissables de son style dès les premières mesures, Je te supplie et La montagne, que l’interprète essaie de faire siennes. Alex Beaupain investit des souvenirs personnels dans Les voilà, sur la mort de ses parents, comme il ravive au piano dans Tout a ton odeur la mémoire de sa bien-aimée disparue à ses débuts. Les textes restent éminemment personnels, même quand ils sont signés Vincent Delerm sur Rue Battant, d’après le nom d’une voie à Besançon, sa ville natale.
Dans la veine si mélancolique qui caractérise Loin se distingue L’amour en cage, composition nourrie à l’amertume, un sentiment qui ne se laisse pas facilement domestiquer, tandis que La Grande Sophie sort de sa manche le morceau le plus rock de tous, Reste, aux rimes claquantes. Au mieux, dans l’acoustique Cela valait-il la peine, Fanny Ardant essaie-t-elle de retenir un mauvais geste par sa voix magnétique.
(Loïc Picaud – Copyright 2017 Music Story)

Disponible à la Médiathèque:
Loin/paroles de et musique de et interprété par Alex Beaupain; musique de Julien Clerc; paroles de Vincent Delerm; musique de et paroles de La Grande Sophie; voix de Maurice Pialat et Fanny Ardant. – France: Capitol Music, 2016.

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