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Ne_fut_ce_quen_chine_visuel« Recherchez le savoir, dit Mahomet, ne fût-ce qu’en Chine. » Parti de Toulouse, l’oudiste franco-algérien Lakhdar Hanou a parfait sa technique au Maghreb et au Moyen-Orient, puis n’a cessé d’approfondir sa science du maqâm au gré des rencontres. C’est accompagné de plusieurs de ses complices qu’il refait la route de la soie, l’augmentant d’une étape andalouse. Dans cette épopée syncrétique, son oud arabe chevauche aux côtés d’un violon, d’un violoncelle, d’une vièle kamentché, d’une guitare flamenca, d’une cithare chinoise et de percussions orientales. Hormis un thème égyptien fameux et un autre de la cithariste Jiang Nan, les compositions, sensibles, sont écrites maison.
Le violiste Jordi Savall et l’oudiste grec Kyriakos Kalaitzidis avaient adopté la même démarche, l’un dans les pas de saint François Xavier, l’autre dans ceux de Marco Polo. Lakhdar Hanou, lui, a choisi pour fil rouge, bien documenté dans le livret, les poètes d’Orient. Avec les voix nues de Sofiane Saidi, dont la langueur suave et nostalgique hante quatre titres, et de l’Irakienne Suzanne Abdalhadi pour pleurer l’absence de l’être aimé chez Mahmoud Darwich ou incarner l’amour transi d’Ibn Arabi, mystique soufi du xiie siècle. — Anne Berthod, Télérama

Disponible à la Médiathèque:
Ne fût-ce qu’en Chine / musique de et interprété par Lakhdar Hanou Ensemble; Raphaël Sibertin Blanc, violon; Yves-Marie Berthou, percussions; chanté par Sofiane Saïdi. – Absilone, 2016.  – 53mn. Cote: 9.2 LAK

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