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pierre lapointe parisArtiste qui se définit lui-même comme post-moderne, Pierre Lapointe apporte en effet sa vision du Nouveau Monde à la chanson française. Né dans la région de l’Outaouais (ça ne s’invente pas), le Québecois a triomphé chez lui avec l’album Punkt (2013) qui n’a pas été exploité commercialement en France. Qu’à cela ne tienne, Pierre Lapointe en ré-enregistre certaines chansons pour le présent Paris Tristesse.

Un disque qui devrait d’ailleurs porter la mention « à écouter la corde au cou » ou « idéal pour s’ouvrir les veines », tant la tristesse qu’il dégage semble profonde, voire infinie. Ce véritable spleen baudelairien dont Pierre Lapointe drape ses chansons n’est cependant pas morbide, et les envies de suicide s’estompent vite devant la beauté délicate de ses notes de piano.

Déjà présent dans Punkt, « Nos joies répétitives » est un condensé de l’esprit qui habite Paris Tristesse, avec la voix distanciée de Pierre Lapointe sous-entendant qu’il est possible de sourire de ses propos tristes. Ce disque destiné cette fois aux publics belge et français (Paris Tristesse sort en premier lieu dans ces deux pays) contient également des versions épurées de « C’est extra » de Léo Ferré et « Comme ils disent » de Charles Aznavour. Pierre Lapointe joue brillamment avec la mélancolie et la tristesse, sans succomber à la tentation d’un pathos excessif.

Paris Tristesse dégage ainsi une poésie toute particulière, une vibration automnale qui privilégie le pastel des feuilles qui tombent aux tempêtes des cieux annonçant les frimas. Un disque d’autant plus réussi qu’il joue sur un registre particulièrement difficile à manier. (Francois Alvarez – music-story.com)

Disponible à la médiathèque:
Paris tristesse / interprété par Pierre Lapointe. – Neuilly-sur-Seine: Bellevile music, 2014. – 47mn16s. Cote: 8.5 LAP

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