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FRANCIS-CABREL-IN-EXTREMISLe treizième album de Francis Cabrel en presque quarante ans de carrière fut le plus long à accoucher, sept ans après Des roses et des orties (2008), et en faisant abstraction de l’hommage révéré à Bob Dylan, Vise le ciel, paru dans l’intervalle. Le musicien est aussi patient que régulier et s’il sait se faire attendre voire désirer, il ne faut pas en attendre non plus de grands bouleversements. La mécanique est la même (des chansons articulées lentement sur une broderie de guitare acoustique ou amplifiée) et la thématique change peu.
Avec son savant dosage d’écriture poétique, politique et métaphorique, le reclus d’Astaffort compose onze nouvelles chansons (et un titre bonus) dans l’air du temps ou non, avec une plume plus elliptique qu’à l’accoutumée. Mené sur un tempo vigoureux, « Dur comme fer » parle sèchement d’un ex-président et tire sur les illusions politiques. Dans la foulée, « À chaque amour que nous ferons » s’intègre aux hymnes romantiques précédents et contrebalance la nature d’un album changeant. Une autre ballade d’amour et d’aventure, « Partis pour rester », accélère le tempo. Cette dédicace conjugale est aussi l’une des plus belles chansons de l’album.
In Extremis, c’est aussi sa chanson-titre mystérieuse. Après la tendance africaine de « Le Pays d’â côté » et le rappel historique « Azincourt », ce blues sur dobro métallique renvoie à une incommunication qui n’est pas sans allusion. « Dans chaque coeur » est la plus intimiste tandis que « La voix du crooner » met en avant le piano, au milieu des guitares qui parfument l’ensemble et notamment l’hommage « Mandela, pendant ce temps », teinté d’orgue et de choeurs. Dernière allégorie avant la sortie, « Pas si bêtes » referme cet album tranquille en apparence mais agité à l’intérieur. Un bon cru auquel s’ajoute un autre hommage, au jazz et à ses héros cette fois, « Les fontaines du jazz ».  (Loïc Picaud – music-story.com)

Disponible à la médiathèque:
In extremis / musique de et paroles de et interprété par Francis Cabrel. – Chandelle Productions, 2015. – 50mn38s. – Cote: 8.5 CAB

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