Mots-clefs

,

détroit horizonsHorizons peut symboliser la ré-ouverture vers l’extérieur d’un artiste qui a passé de nombreuses années isolé dans ses drames intérieurs. C’est surtout enfin l’occasion pour Bertrand Cantat de redevenir un citoyen comme les autres qui a le droit d’exercer son métier sans être montré du doigt. Horizons est aussi l’œuvre de Détroit, une formule en duo moins lourde que la machinerie d’un groupe et moins risquée qu’une exposition en solo.
Il ne faut pas en attendre monts et merveilles et bien avoir à l’esprit que Noir Désir c’est fini. Horizons écrit le début d’un nouveau chapitre qui sera différent, même si les meilleurs moments du disque sont ceux où l’on retrouve des similitudes avec l’inspiration du groupe bordelais. Passons vite sur les deux titres chantés en anglais (« Glimmer in Your Eyes » et « Null and Void ») qui témoignent surtout de l’impossibilité de Bertrand Cantat de convaincre dans cette langue. Écartons aussi rapidement l’agaçant « Ma muse » où le chanteur use et abuse des rimes en « use » comme si elles sortaient d’une cornemuse oubliée dans la cambuse.
Ce premier tri effectué, nous pouvons aborder « Terre brûlante » qui nous permet de retrouver tout le lyrisme écorché de Bertrand Cantat, sa poésie désespérée qui en a fait un Jim Morrison version Sud-Ouest. Alors qu’Horizons est un disque plutôt calme, Détroit convoque l’électricité rock pour « Le creux de ta main », où le chanteur retrouve cette façon bien à lui d’haranguer la foule. Autre moment intense avec « Sa Majesté », porté par une ligne de basse splendide de Pascal Humbert. On peut regretter que le chant de Bertand Cantat reste un peu en dedans pour la reprise d’« Avec le temps » de Léo Ferré. C’est dommage car la chanson subit une métamorphose musicale tout à fait intéressante qui aurait pu être sublimée si le chanteur s’y était plus écorché les cordes vocales.
Ces Horizons au pluriel ont enfin éclairci celui au singulier d’un homme au destin à jamais marqué par les tragédies qu’il a vécues. Le voir reprendre sa route musicale est un vrai plaisir, bien qu’il faille convenir que les premiers kilomètres sont encore inégaux et hésitants. (François Alvarez – music-story.com)


Disponible à la médiathèque:
Horizons / musique de et paroles de et interprété par Détroit. – France: Barclay, 2013. – 53mn04s. – Cote: 2.1 DET

Publicités