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Il n’est certainement pas facile d’être Johnny Hallyday vingt-quatre heures sur vingt-quatre, surtout que cela dure depuis plus de cinq décennies ce qui constitue la majorité de la vie du rocker septuagénaire. Cela n’est ni facile ni simple car, depuis très longtemps, le « personnage » Johnny Hallyday a supplanté le chanteur et fait de l’homme une sorte d’icône déconnectée de la réalité. Ce qui est dommage, c’est que le public en vient à oublier qu’il y a de très bons albums dans la longue discographie de l’idole. Par très bons albums, il faut entendre des disques dignes des standards du rock international.johnny hallyday rester vivant
Situé quelque part entre Elvis Presley et Bruce Springsteen, Johnny Hallyday fait partie de ceux qui se bonifient en prenant de l’âge comme en atteste Rester Vivant, faisant suite au déjà très bien noté L’attente (2012). Il faut dire que Rester vivant est produit de main de maître par Don Was et bénéficie de quelques collaborations exemplaires, en particulier celles créditées à Yodelice.
Le rock cuivré de Rester vivant roule parfaitement avec un Johnny Hallyday jouant les survivants depuis tellement longtemps que c’en est devenu une seconde peau. Volontiers nostalgique, Johnny Hallyday regarde son passé d’homme plus que d’idole avec l’Américana acoustique de J’ai ce que j’ai donné ou Lettre un enfant que j’étais. Bien qu’il soit inégalable dans le domaine de l’homme déchiré, ces chansons restent prévisibles et ne valent pas Te manquer qui, avec son crescendo, évoque le sommet Que je t’aime.
La « vieille canaille » nationale apparaît en très grande forme dans un 49ème album venant se glisser sur l’étagère déjà chargée des réussites d’une carrière qu’il faudra un jour réévaluer, bien qu’elle soit déjà sacralisée depuis longtemps.
(François Alvarez – music-story.com)


Disponible à la médiathèque:
Rester vivant / interprété par Johnny Hallyday; musique de Yodelice. – Etats-Unis: Warner Music, 2014. – 47mn42s. – Cote: 2.1 HAL

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