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Lcolin vallon trio le vente stress pourrit votre existence, votre vie vous accable autant que l’état du monde. Il vous faudrait une heure de sérénité et de paix. Vous pourriez écouter le beau bruit du vent dans les feuillages. Ou écouter un disque de musique apaisante. Le vent, de Colin Vallon en trio, voilà exactement le disque à vous prescrire. Nous avions déjà repéré cet excellent pianiste suisse pour son précédent album en trio, Rruga, en 2011, avec le même partenaire, Patrice Moret, à la contrebasse. Cette fois, Julian Sartorius est à la batterie. Tous helvètes, de la même génération. Colin Vallon, né en 1980 à Lausanne, est connu en Europe, notamment comme pianiste d’Elena Duni, chanteuse d’origine albanaise, également publiée par Manfred Eicher, le tout-puissant fondateur d’une marque et d’un son fameux : ECM.
Pas étonnant que la première influence que l’on entende chez Colin Vallon soit celle de Keith Jarrett, la star maison. Dans la composition originale Juuichi, qui ouvre l’album, c’est l’incroyable subtilité de cet art du trio qui emporte d’emblée. Le piano plaque doucement des accords, avec des déboîtements inattendus sur une mesure à trois temps. Puis l’interaction avec le contrebassiste se met en place, toujours en douceur, avant l’entrée discrète du batteur sur les cymbales et des instruments de percussion. Fin en pianissimo, comme il se doit pour un album de jazz serein. Le même procédé s’entend dans le morceau intitulé Le vent: juste quelques notes placées sur des perles d’accords, puis dialogue avec la contrebasse, cette fois sur une mesure à quatre temps, lente montée de la dynamique et retour au pianissimo sur une seule note tapée en rythme sur des accords qui se décalent. L’album entier émerveille à chaque ré­écoute. (Michel Contat – telerama.fr)

Disponible à la médiathèque:
Le vent / interprété par Colin Vallon Trio; musique de Colin Vallon , piano ; Patrice Moret , contrebasse; Julian Sartorius , batterie. – München: ECM records, 2014. – Cote: 1.3 COL

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