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Quatre ans après le rocambolesque ouvrage conceptuel à tendance philosophico-écolo de Captain Samouraï Flower, une parenthèse qui lui collera aux basques pour un bon moment, Pascal Obispo redescend sur terre pour un simple album centré sur la chose amoureuse. Dégagé de ses oripeaux de croisé vert, le Périgourdin tombé par hasard dans la marmite rennaise new wave avec Senso, chante sur ce qui, au fond, l’intéresse le plus au bout de trois décennies.PObispo_LGdAmour_Pochette_2
Sous une jolie pochette sobre et balnéaire nantie d’un clin d’oeil gay en remplacement du drapeau de capitaine (mariage pour tous voté oblige ?), s’ébrouent onze compositions fignolées à la maison avec le fidèle complice Lionel Florence et réalisées dans le studio le plus convoité d’outre-Manche, celui d’Abbey Road à Londres. De retour aux fondamentaux et de façon plus personnelle que jamais, le tatoué au casque nu et bracelets brésiliens commence par une ballade pop rock inoffensive, Pendant que je chante, sur un texte elliptique, sans le mot sida, et la guitare d’un autre revenant, Pierre Jaconelli.
Exercice d’exploration des sentiments composé au piano et garni d’arrangements sophistiqués tirant vers la pop ou le rock, Le grand amour ne sort que rarement du cadre des ballades, peu ou prou au tempo medium. Ce qui constitue l’homogénéité et la touche personnelle de l’album trouve aussi ses limites dans un aplanissement général des mélodies. En témoignent des chansons assez lisses comme D’un Ave Maria et sa lente progression harmonique ou Le grand amour, contrebalancées par le rock tranquille de Un jour, appuyé par la guitare de Sam Stoner.
Sur Arigato (merci en japonais) souffle un arrangement mi-classique, mi-extrême oirental tandis que le synthétique Un homme est passé et, plus encore le duo Quand j’entends la musique, bénéficient de la présence féminine d’Élodie Frégé. Et dans Saigne, Pascal Obispo reprend de ses intonations Polnareff de l’époque Fan. Ce qui s’avère un recueil à coeur ouvert est aussi le plus intime de ses albums. (Loïc Picaud – music-story.com)


Disponible à la médiathèque:
Le grand amour / musique de et interprété par Pascal Obispo ; paroles de Lionel Florence et Didier Golemanas. – Europe : Sony Music Entertainment, 2013. – 45mn57s. – Cote: 2.2 OBI

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