Mots-clefs

C’est à Winaretta Singer, Princesse Edmond de Polignac, que revient l’idée d’avoir voulu apparier les talents de Verlaine et de Fauré en leur demandant d’écrire, de concert, un ouvrage lyrique qui inaugurerait fastueusement son grand Atelier (le “Hall” selon Marcel Proust) de la rue Cortambert.
La Princesse invita donc Gabriel Fauré à Venise pour quelques jours d’existence divine; Fauré y commença son op. 58 (Mandoline, plus précisément) tandis que Verlaine entamait sa lente tournée des Hôpitaux où le compositeur devait essayer de le joindre, “lit à lit avec des quelconques”, pour esquisser des projets reportés en rendez-vous manqués, et qui ne devaient jamais véritablement aboutir…monsegur vaillant
Giselle Monsegur Vaillant est une soprane qui chante en s’accompagnant au piano.
Partie de la Bastille sous le bonnet de Clairette Angot, la cantatrice ira chercher la gloire au sein des ennemis en versant au Faust de Gounod l’élixir de jouvence d’un soprano vaillant et pur et en rendant de surcroît au parler Provençal – avec la création de Mirèio (Opéra d’Etat Roumain) dans la langue de Frédéric Mistral (Prix Nobel) devant un public qui apprécia Ninon Vallin – cette dimension d’histoire que Dante et Pétrarque lui avaient depuis longtemps reconnue bien que, encore, parfaitement oubliée des opéras de Londres, New York, Milan ou Paris (alias La Grande Boutique).
Entre l’Enlèvement au Sérail (de Radio France) et l’Opéra Non-Stop en les Opéras-bijoux des Provinces de la France profonde, l’Eglise américaine de Paris lui confiera Alleluias de Mozart, Mélodies de Fauré ou autres mélancoliques Ballades de l’auteur des Dubliners, James Joyce, telles que mises en musique par le compositeur et chef d’orchestre Edmund Pendleton. […]
Il faudra le public Austro-Hongrois de La Traviata, en robes Duplessis et habits de Germont saluant en une interminable ovation cette « voix exceptionnelle » (Opéra d’Etat Magyar) pour sentir courir ce frisson nouveau qui enfiévra peut-être à vie la seule Maria Callas (Scala de Milan, 1955), relevant ainsi le défi que lança à la Guerra Romana – cabalette de Norma aidant –  du Béziers d’Yves Nat aux Portes de Fer la première Vestale des Gaules.
Suivront les retrouvailles de Riga en cette Vagnera Zale qui vit les presque débuts de Richard Wagner à la direction d’orchestre et consacra le triomphe des Hector Berlioz, Franz Liszt, Anton Rubinstein ou Clara Schumann. Avant l’apothéose des Concerts de Moscou (Salles Maly, Rachmaninoff) pour mieux confirmer au cœur de la Capitale de la Musique, les propos d’une Pauline Viardot osant déjà s’étonner, à propos de Tristan et devant un Wagner sans voix, que l’Allemagne n’eût pas d’artistes lyriques musiciens. (www.adg-paris.org)

Disponible à la Médiathèque:
Mélodies de Venise, op. 58 ; La bonne chanson, op. 81 / écrit par Paul Verlaine ; musique de Gabriel Fauré ; Giselle Monsegur-Vaillant , soprano, piano. – Autriche : Finnvox, 1998.  – 50mn12s.

Publicités