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La première écoute de Sidération fait mentir les vagues souvenirs que l’on avait gardés d’eux. La voix va chercher dans les aigus, les guitares rêches cahotent, les arrangements dissonent et il faut attendre un bon moment pour retrouver la pop aérienne qui avait fait la marque de fabrique d’Holden. Quelque chose a changé et C’est pas des mots, qui inaugure ce cinquième album, témoigne de cette mue.holden-sideration_600
Le duo formé par la chanteuse Armelle Pioline et le guitariste Mocke, a connu jusqu’ici un succès d’estime en France et il a souvent trouvé refuge au Chili, où il est aussi (re)connu. Enregistrant à Santiago, parcourant régulièrement les bords du Pacifique, Holden a su jouer de cette improbable notoriété. Cette fois-ci, le groupe a fabriqué son disque seul à Paris et l’a financé grâce à l’aide de ses fans.
Affirmant une fois de plus son indépendance après la sortie d’un « essentiel » – peut-on parler de best-of dans ce cas précis ? – via sa propre structure, Watusa, Holden a lancé une souscription sur Internet et ainsi, levé les fonds pour mener à bien son nouveau projet. Une démarche novatrice qui a été suivie par de nombreux artistes.
Il ressort donc de Sidération un grand sentiment de liberté, comme si le groupe s’était détaché de toutes contraintes grâce à ce mode de production. Si certains regretteront ce changement de cap, que d’autres applaudiront franchement, on retient que le duo ne s’embarrasse plus de convenances. Et qu’importe si l’on avait avant tout en tête le côté raffiné de la chose : Sidération porte bien son nom.
Est-ce que ce disque apportera à Holden une autre reconnaissance ? Au contraire, renforcera-t-il le groupe dans son statut « culte mais confidentiel » ? Quoi qu’il en soit, on ne peut que chanter cette belle liberté guidant parfois les musiciens. (www.rfimusique.com)

Disponible à la Médiathèque:
Sidération / Holden. – Sidération / Holden. – Paris : Watusa, 2013. – 43mn02s. – Cote: 2.4 HOL

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